Panjas est situé à l’ouest du Gers dans le Bas-Armagnac. C’est dans ce petit village d’environ 600 habitants à l’époque qu’ont été regroupés pour la première fois les effectifs du Bataillon de l’Armagnac, principale force militaire issue de la Résistance et commandée par Maurice Parisot.
Un monument commémoratif y a été élevé en souvenir du Bataillon.
A Panjas, au début des années 40, les rumeurs de la guerre semblent lointaines. Le village est à l’écart des voies de communication, les premières garnisons allemandes sont elles aussi assez éloignées et rien ne semble devoir troubler le quotidien de cette campagne qui vit au rythme des moissons et des travaux de la vigne.
Pourtant, l’Histoire est en marche et, justement, c’est par Panjas qu’elle va passer.
Il y a deux raisons principales qui vont contribuer à précipiter ce petit village dans l’Histoire. La première, et ça n’est pas la moindre, c’est la présence à Panjas de l’Abbé Talès. Il demeure au presbytère de cette petite bourgade et c’est un homme de Dieu qui sort, non seulement de l’ordinaire ecclésiastique, mais également de l’ordinaire tout court. L’abbé Laurent Talès a un fort caractère. Vétéran des deux guerres, il a très tôt a décidé de résister. En prise avec la clandestinité, il rend des services à la résistance que Vichy jugerait fort condamnables s’il venait à le savoir.
L’abbé Talès entretient des contacts avec les membres de l’Armée Secrète (l’AS), notamment par le biais de l’un de ses premiers responsables locaux, le nogarolien Louis Dalès. Après la mort accidentelle de celui-ci, le prêtre résistant entrera naturellement en contact avec le successeur de Dalès : Maurice Parisot.
La deuxième raison, c’est sa localisation géographique. L’ouest du Gers est assez éloigné des garnisons allemandes et, pour les mêmes raisons, le secteur qui l’entoure connaît une grande activité sur le plan des parachutages. Or, au moment du débarquement allié, il existe un plan nommé « Calife » qui est susceptible d’être déclenché dans la région. Au cas où le débarquement en Normandie connaîtrait de graves difficultés, ce plan vise à protéger des terrains de parachutages ou d’atterrissage de planeurs dans le secteur de Castex d’Armagnac, à quelques kilomètres. C’est pour toutes ces raisons que Maurice Parisot acceptera la proposition de l’abbé Talès d’opérer le premier regroupement de son bataillon à Panjas.
Le 7 Juin 1744, quelques heures après le Débarquement des alliés en Normandie, le regroupement de cette formation conçue et armée dans la clandestinité démarre. Le lieu du rassemblement est le lieu dit « le Catalan », à l’intersection des routes de Nogaro, Estang, Ayzieu.
Dans l’après midi du 6, le capitaine Parisot arrive avec Maurice Moreau, Serge Taesch et Raoul De Mandelaère et c’est eux, avec de jeunes Panjagais qui vont guider le lendemain les différentes unités (cinq compagnies dont une espagnole) vers leur cantonnement.
Le Bataillon de l’armagnac va par la suite marquer par son action la période de la Libération. Après la guerre, Panjas ayant été le lieu du regroupement, le village devient un haut lieu de commémoration. En 1964 un monument sculpté par les artistes Mougin et Le Duca est érigé à la sortie du village. Il est dédié aux morts du bataillon de l’Armagnac, au colonel Parisot leur chef, et à l’abbé Talès, curé de Panjas. Chaque année, au 7 juin, les anciens combattants s’y rassemblent avec la population et les autorités.Le monument a été baptisé : : « la Liberté rompant ses chaînes ».
Description Audio
Guide audio Panjas
Marchés / hôtels / restaurants
Sites du patrimoine
A faire ou à voir