Les acteurs
Gabriel Plazuelo Expósito (25 février 1912 – 9 juin 1944) est le premier commandant responsable de la 35ème brigade de Guérilléros espagnols (non reconnue à ce jour).
Il est né à Villacioso en Espagne. Ancien combattant de la guerre civile d’Espagne il est tué le 9 juin 1944 à Saint-Maur dans le Gers lors d’un contact avec les allemands. Il a été déclaré Mort Pour La France.

Dès 1942 l’UNE (Unión Nacional Española) commence à regrouper ses « guérilleros » en unités constituées. Pour le département du Gers, en 1943, une brigade prend naissance sous les ordres de Modesto Valledor. Gabriel Plazuelo Expósito prend sa succession.
L’UNE recrute essentiellement dans les Groupes de Travailleurs Etrangers (GTE) créés dans chaque département pour accueillir les Espagnols retirés des camps et destinés à servir de main d’œuvre dans les chantiers forestiers ou les fermes ; ils y reçoivent un maigre salaire. Pour le Gers, la source principale de recrutement est le GTE 541 basé à Fleurance.
Le Commandant Plazuelo Expósito dirige un chantier forestier à Loubédat, près de Nogaro, où il demeure. Très tôt, il entre en contact avec Maurice Parisot qui est son voisin. Dans les premiers mois de 1944, il organise à Dému une réunion des responsables espagnols du département à laquelle participe Tomas Guerrero-Ortega qui vient d’arriver dans le Gers.
En raison de ses états de service pendant la guerre d’Espagne et de sa fidélité au Parti communiste, il est très probablement nommé à cette occasion Commissaire politique, ce qui lui donne un rôle majeur dans la 35ème brigade.
Le 9 juin 1944, Plazuelo Expósito vient prendre contact avec ses compatriotes du bataillon Soulès de l’A.S qui, la veille, a attaqué un convoi allemand dans la côte de Saint Maur, au Sud de Mirande. La voiture qui le conduit est assaillie par des Allemands restés sur place. Plazuelo Expósito est tué en tentant de s’enfuir, son adjoint, Jaime Massip, est fait prisonnier et sera déporté.
La 35° brigade est décapitée et Tomàs Guerrero-Ortega (dit Camilo) en prend le commandement le 10 juin 1944.
« […] je formais des groupes de guérilleros espagnols […]
A partir de mars 43, j’étais responsable d’un groupe de 9 hommes qui a participé aux sabotages notamment des lignes électriques de Vic à Lupiac et de Vic à Auch. J’ai appartenu aux guérilleros espagnols et au bataillon Armagnac. Au mois de mars 1944, mon chef était DIAZ José. PLAZUELO Gabriel était le chef militaire des groupes de guérilleros du Gers et je fus désigné comme son adjoint. C’est lui qui avait le contact direct avec le colonel PARISOT.
Avec le commandant PLAZUELO, le 7 juin 1944 nous avons mobilisé autour de 400 hommes du département qu’on formait dans des maquis. Le 8, lui et moi avons visité les maquis de la route nationale à Auch et l’Isle de Noé. Nous avons participé avec une équipe mixte, français et espagnols au sabotage du pont de chemin de fer de Mirande, quand les Allemands occupaient la gendarmerie de Mirande. Le 9, nous avions mission de regagner St Maur pour nous entretenir avec le colonel SOULES et avec son agent de liaison (Labriffe) de Mirande. Quand nous sommes arrivés à 300 m du maquis nous avons été pris par les S.S. Allemands qu’ils étaient en train d’attaquer. Le commandant PLAZUELO a essayé de fuir et il a été assassiné devant nous».
Tiré du mémoire de maîtrise de Christian PIERDONA
« Les réfugiés espagnols dans le département du Gers »
Université de Toulouse, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, 1973, p. 203-204
Le 8 juin 1944, les Alliés ayant débarqué en Normandie 2 jours avant, les forces de la Résistance s’emploient activement à exécuter les plans prévus par l’État-Major français en liaison avec le Haut commandement allié : sabotages et harcèlement des troupes d’occupation. C’est dans le cadre de ces missions que des éléments du Bataillon Soulès « Salon », Compagnie Sahuc « Mars », ont été placés au lever du jour sur la N 21, en haut de la côte de Saint-Maur, prêts à attaquer tout convoi ennemi venant de Mirande ou de Tarbes.
L’affrontement a lieu en fin de journée à la nuit tombante ; une forte colonne motorisée allemande arrivant de Mirande est annoncée par le chef Larcade, venu reconnaître de nouveaux emplacements pour sa compagnie. Quand sont apparus les véhicules de tête, un maquisard a dégoupillé une grenade, suivi par ses camarades qui ont fait feu de toutes leurs armes. Les Allemands surpris mettent pied à terre, tout en tiraillant, entreprennent de tourner leurs assaillants par le village de Saint-Maur. Mais c’est la nuit et ils préfèrent renoncer à l’opération, le maquis ayant d’ailleurs déjà vidé les lieux sans pertes. Aussi, la colonne retourne-t-elle ses camions et s’en revient à Mirande où elle va passer la nuit.
Une autre compagnie commandée par le lieutenant Hoffalt « Ramsès II », cantonne dans les bois, à la limite des communes de l’Isle-de-Noé et d’Estipouy. Elle a eu dans la journée la visite du commandant Plazuelo, chef des guérilleros espagnols et de son second Jaime Massip , venus traiter des questions concernant leurs compatriotes incorporés dans ce maquis. Le lendemain matin, le taxi Labriffe de Mirande, qui assure les liaisons de la Résistance, les prend à son bord pour les transporter au P.C. Soulès à Saint-Maur. Les évènements de la veille au soir sont ignorés. Par contre, Labriffe sait que les Allemands sont à Mirande ; aussi prend-il des chemins de campagne permettant d’atteindre Saint-Maur.
Passé par Saint-Martin, il approche de la ferme Latterrade quand il est assailli par un groupe d’Allemands qui le font stopper et lever les bras. Il s’agit d’éléments de la colonne repartie de Mirande, laquelle parvenue à Saint-Maur s’est mise à la recherche du maquis. Les 3 hommes sont fouillés puis conduits vers la grand route. Jouant le tout pour le tout, Plazuelo tente de s’échapper en se lançant dans une pente. Mais tiré de toutes parts, il s’écroule avant d’avoir pu gagner un couvert. Ses compagnons sont amenés à Tarbes : Labriffe est relâché mais Massip est déporté (rentré).
Guy LABÉDAN, « Lieux de mémoire de la 2ème Guerre Mondiale dans le Gers », Publication de la Chambre d’Agriculture du Gers, 1992, p. 21
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